En 2025, le Carhif a fêté son 30e anniversaire. À cette occasion, nous avons présenté chaque mois un coup de cœur de l’équipe (mais pas que) via nos réseaux sociaux. Désormais, nous les publions également sur notre site web.
Dans cette vidéo, Sofie De Graeve, chargée de mission chez Furia et guide de la ville de Gand, présente son coup de cœur : des invitations des réunions des Dolle Mina des années ’70.
Traduction française de la vidéo
Sofie De Graeve : Je m’appelle Sofie et j’ai deux passions dans la vie : l’histoire et les droits des femmes et le féminisme. Je travaille pour Furia, un groupe de réflexion et d’action féministe. Pendant mon temps libre, je suis guide touristique à Gand, où j’essaie de concilier mes deux passions.
Carhif : Quel est ton coup de cœur dans notre collection ?
Sofie De Graeve : Mon coup de cœur, c’est l’invitation adressée au groupe Dolle Mina au début des années 70. J’ai élaboré une promenade sur la lutte sociale pour l’égalité des droits des travailleurs, des femmes, de la communauté LGBTQI+ et des personnes issues de la migration. Et lors de ma visite guidée, je fais un arrêt sur les Dolle Mina. En tant que guide, je cherchais du matériel pour interpeller les gens. Comme il y a aujourd’hui peu d’informations visibles sur le premier lieu de réunion des Dolle Mina à Gand, j’ai parcouru la collection et découvert dans les archives les invitations et les cartes postales qui avaient été envoyées aux membres du groupe. Cela a été pour moi une véritable révélation : je pouvais en faire quelque chose.
Carhif : Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Sofie De Graeve : À partir de cette invitation, je peux construire toute l’histoire des Dolle Mina : qui elles étaient, où elles se réunissaient, quels thèmes étaient à l’ordre du jour, ce qui caractérisait les Dolle Mina. J’ai notamment inscrit sur les cartes les noms que j’ai trouvés dans les archives des membres des Dolle Mina, femmes et hommes, et je les explique. J’ai choisi l’année 1973. C’est aussi l’année où la lutte pour l’avortement a éclaté. Cela me permet également de transmettre cette histoire aux gens. Cela offre donc de nombreux points de départ pour travailler avec un large public. Lorsque je fouille dans les archives, je le fais avec une approche très différente de celle d’un chercheur. En tant que guide, je recherche avant tout une bonne histoire et du matériel pour raconter mon histoire et la rendre visuelle et attrayante pour les gens. En ce sens, ces cartes d’invitation à la réunion des Dolle Mina sont un véritable cadeau. Elles me permettent de rendre mon histoire visuelle et de la construire étape par étape avec le public, afin de lui offrir une belle histoire.
Carhif : Pourquoi est-ce si important pour toi ?
Sofie De Graeve : Cela rend le passé tangible pour les gens et, surtout, c’est aussi un outil qui permet de toucher un large public afin de rendre accessibles l’histoire et les récits de la lutte des femmes il y a tant d’années.
